Analyse du marché immobilier


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CatégorieL'actualité de l'immobilier

ChapitreNos interviews d’experts immobiliers


Frédéric Roussel, notaire, fait le point sur la tendance du marché immobilier français

Notaire à Lille pour le Groupe Monassier (premier réseau notariale de France), Me  Frédéric Roussel fait le point sur l’évolution du marché immobilier français.

Bonjour Maître, comment se porte le marché immobilier français?

Me Frédéric Roussel : Le marché immobilier français est en train de vivre ce que vit plus généralement l'économie française: une certaine atonie, des prix stables voire en légère baisse, sauf dans les marchés tendus et s'agissant de petites surfaces, à Paris et les grandes villes de province dynamiques. Les taux d'intérêts étant historiquement bas depuis des mois, et ayant franchi récemment un nouveau plancher à la baisse, cela soutient quelque peu le marché, mais insuffisamment en direction des primo et plus généralement des jeunes accédants.

Combien de temps faut-il compter, en moyenne, pour vendre un bien ?

Me Frédéric Roussel : C'est une question qui n'appelle qu'une réponse crédible: soit le bien est vendable et est mis en vente au prix de marché (l'expertise d'un notaire, qui dispose des "bases immobilières" PERVAL  et BIEN, semble aujourd'hui plus que jamais nécessaire), et un délai de un à trois mois est habituel; dans le cas contraire, il ne se vend pas.

L’élargissement du PTZ va-t-il, selon vous, favoriser un retour des primo-accédants sur le marché immobilier ?

Me Frédéric Roussel : Oui, si et seulement si le volume des prêts et leur pourcentage par rapport au couple prix + frais d'achat permet au primo-accédant de n'avoir à supporter que le montant des frais (qui n'est pas un investissement mais bien un coût), et une faible part du prix.

Les banquiers devraient pouvoir - si le bien est vendu à son prix d'expertise - prêter, grâce au PTZ, pour des montants plus importants, pouvant aller jusqu'à 100% du prix (le PTZ n'était-il pas conçu, lors de sa création comme une alternative à l'apport personnel?). Cela va-t-il pour autant encourager les jeunes, primo-accédants, à revenir vers l'achat...? C'est parfois faute de pouvoir louer dans des conditions acceptables que la décision est prise d'acheter.

La France manque cruellement de logements locatifs. Le marché locatif social est insuffisant, et le marché locatif privé, en panne. Les professionnels attendent depuis tant d'années que le Législateur, par des mesures justes, reconnaissent au bailleur privé une forme de statut...

Un rapport de l’Inspection générale des Finances préconise un changement des règles de rémunération des notaires pour faire baisser les prix de l’immobilier. Que pensez-vous de cette mesure ?

Me Frédéric Roussel : C'est tout à fait paradoxal d'évoquer une telle mesure qui ne ferait baisser le montant des frais et droits perçus par le notaire lors d'un achat que d'une somme de l'ordre de 0,20% du prix de vente alors qu'avec effet au 1er mars dernier, l'Etat a permis aux Conseils généraux - sans se poser cette question - de relever les droits de mutation à titre onéreux (l'essentiel de ces frais maladroitement appelés "frais de notaire") de 0,80%, pour rééquilibrer leurs comptes, alors même que le déséquilibre de leurs budgets est la conséquence directe de la baisse du nombre de mutations constatée depuis plus de deux ans...! Est-ce cela redonner du pouvoir d'achat à nos concitoyens? L'impôt tue l'impôt ce n'est pas une nouveauté. Cette "baisse" n'aurait donc évidemment aucun impact sur les prix de l'immobilier. Seule la mise sur le marché de foncier disponible de l'Etat, des collectivités, de RFF, la remise à plat de certaines normes de construction neuve et de rénovation lourde, et bien entendu la construction de centaines de milliers de nouveaux logements auraient pour conséquence à moyen terme une baisse de l'immobilier ancien. Ça, c'est une certitude.

Par contre, cette baisse des émoluments des études de notaires, évoquée par l'IGF, mettrait certainement en péril des centaines d'emplois dans la profession de notaires, qui est déjà touchée de plein fouet par la situation économique sur le marché de l'immobilier notamment. On peut donc se poser légitimement la question de la pertinence de cette préconisation...

Quels conseils donneriez-vous aux vendeurs ?

Me Frédéric Roussel : D'aller voir leur notaire pour un examen de leur situation patrimoniale. Cet examen du patrimoine, et l'évaluation objective de leur bien immobilier, leur permettra de prendre une décision en toute sérénité. Comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire dans vos colonnes, dans un marché stable voire baissier, il n'y a aucune raison de ne pas voir plus grand pour héberger une famille qui s'agrandit, ou tout simplement pour préparer sa retraite!

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Date de mise à jour : 25/08/2014


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