Jardin sec Philippe Raujol : Pour réaliser un jardin sec, il faut prendre le temps de choisir les plantes en fonction de la nature de son sol et de l’exposition


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CatégorieFiches pratiques
ChapitreJardinage


Jardin sec réalisé par Zen et sec

Diplômé en aménagements paysagers, Philippe Raujol est spécialisé dans les jardins secs. Son entreprise, Zen & Sec propose la création de jardins secs et de jardins d’esprit japonais adaptés au climat méditerranéen.

Pour L’immobilier 100% entre Particuliers, ce passionné de botanique et d’art des jardins revient sur les spécificités du jardin sec



L’immobilier 100% entre Particuliers : Bonjour, quelles sont les caractéristiques du jardin sec ?

Philippe Raujol : A l’origine, le jardin sec est un jardin zen au japon (kare-sansui), un type de jardin apparut au 15ème siècle. C’est un jardin minéral composé de gravier ratissé représentant le mouvement de l’eau, composition de rochers élaboré et peu de végétation (mousses, azalées taillées en formes organiques, arbre taillé en forme de nuages).

Le jardin sec est une réponse au changement climatique, face à la diminution des réserves préoccupantes causée par la sécheresse. Dansle sud, il a été popularisé par Olivier Filippi, pépiniériste et botaniste avec ses voyages botaniques dans les diverses régions méditerranéennes du monde entier. Il a ramené des plantes adaptées aux conditions extrêmes (chaleur, sécheresse, embruns, sols pauvres et caillouteux) cultivées pour leur beauté et leurs faibles exigences puis domestiquées dans nos jardins.

Lorsqu’on crée un jardin sec, les choix possibles sont énormes mais on utilise principalement des :

  • arbustes tels laurier tin, arbousier, laurier rose, pistachier, vitex, cistes, coronille, eleagnus, pittosporum…
  • plantes vivaces arbustives tels sauges, romarins, lavandes, cistes, thyms…
  • vivaces tels bulbine, kniphofia, epilobium, gaura, oenotheres, agapanthes, verveines, perovskia…
  • graminées tels stipa, miscanthus, pennisetum, fétuques…

L’immobilier 100% entre Particuliers : Une préparation du sol est-elle nécessaire ?

Philippe Raujol : Pour réaliser un jardin sec, il faut prendre le temps de choisir les plantes en fonction de la nature de son sol et de l’exposition. Si l’ombre est trop dense, un éclaircissement est préférable. Il faut éviter l’apport de terreau et de terre trop riche qui est coûteux et donnera de mauvais résultats. L’importance demeure dans le drainage du sol (pour cela un apport de sable de rivière est très bénéfique). Si une étendue de gravier devient trop importante, la pose d’un géotextile est conseillée car il limite la pousse des mauvaises herbes. Il faut toutefois veiller à ne pas poser le géotextile à proximité des plantes car il a tendance à altérer les qualités biologiques du sol.

L’immobilier 100% entre Particuliers : Faut-il bannir complètement l’arrosage dans un jardin sec ?

Philippe Raujol : Le jardin sec est particulièrement économe en eau.  L’arrosage par goutte à goutte, dissimulé sous le gravier, permet une économie d’eau car chaque goutte est exploitée par la plante contrairement à l’arrosage manuel où une grande quantité d’eau ruisselle et est inexploitable pour les racines.

L’important dans le jardin sec est de conserver l’humidité du sol, pour cela on a recours au paillage minéral et végétal.

  • Le paillage minéral : gravier concassé naturel (calcaire, marbre essentiellement) avec différentes couleurs (rouge, jaune, blanc, vert, bleu, violine, beige, rosé) / gravier roulé (provenant des rivières), galets (marbre blanc, gris de rivière, noir de chine…) rochers, ardoises et briques pilées, paillettes de schistes (vert, bleu, noir…), pouzzolane (pierre volcanique très utilisée). On joue avec la granulométrie (épaisseur des minéraux), les contrastes de couleurs et formes (concassé/roulé)
  • Le paillage végétal : c’est un paillage organique qui a une double action. Il fertilise les sols en se décomposant et maintient l’humidité dans le sol. Coques de fèves de cacao, paillettes de lin, paillettes de chanvre, broyât (résidus végétaux notamment le BRF (bois raméal fragmenté) au fort pouvoir nutritif, copeaux de bois, cosses de sarrazin…

L’immobilier 100% entre Particuliers : Quelle alternative proposez-vous aux particuliers qui souhaitent avoir une belle pelouse sans dépenser des fortunes en arrosage ?

Philippe Raujol : Les végétaux couvre-sols sont une alternative au gazon et permettent d’obtenir un tapis vert économique et écologique. En effet, les plantes vivaces couvre-sols plantées côte à côte vont en grandissant donner l’effet visuel d’un gazon.

Ces plantes sont peu exigeantes en eau (les demandes en eau varient en fonction des variétés utilisées, pour les plus résistantes un arrosage hebdomadaire par mois en été peuvent suffire).

L’entretien est facilité grâce à leur croissance horizontale. Deux à trois tontes par an suffisent selon les apports en eau et l’exposition.

Cette alternative au gazon traditionnel permet une fertilisation quasi nulle (dépendant de la nature du sol), peu de traitements phytosanitaires (moins d’eau donc moins de maladies cryptogamiques). Les couvre-sols attirent également beaucoup d’insectes notamment les papillons et les abeilles car beaucoup de variétés fleurissent durant 5 à 6 mois pour les plus florifères (en l’occurrence le phyla nodiflora).

Le seul inconvénient réside dans les soins apportés au départ pour le désherbage manuel, important du stade de la plantation à la couverture totale des couvre-sols (les espaces vides sont colonisés par des mauvaises herbes néfastes au développement des plantes). Dichondra repens, phyla nodiflora, frankenia laevis et zoysia tenuifolia (proposé en plaques !) parmi tant d’autres sont utilisés.

L’immobilier 100% entre Particuliers : Le jardin sec est-il réservé aux seules régions méditerranéennes ?

Philippe Raujol : On peut installer un jardin sec dans des lieux plus humides à condition de choisir des végétaux de terrains secs adaptés à son climat, en fonction de la pluviométrie et de la résistance àla sécheresse. Lesexcès d’eau étant néfastes, il faudra drainer le sol par un apport de sable de rivière.

L’intérêt du jardin sec est qu’on peut l’adapter à toutes les régions mais il faut de solides connaissances en botanique et choisir des matériaux adéquats. Les végétaux secs ont pour la plupart une forte rusticité (résistance au froid) et peuvent donc s’exporter dans le nord de la France.

L’immobilier 100% entre Particuliers : Quels conseils donneriez-vous aux particuliers qui souhaitent avoir un jardin sec ?

Philippe Raujol : je donnerais 5 conseils :

  • veiller au bon drainage du sol
  • observer autour de soi et adapter les matériaux  à l’environnement immédiat
  • éviter la fertilisation par des engrais chimiques (le paillage végétal est un fertilisant naturel)
  • éviter les grandes surfaces de gravier en intégrant des petites surfaces d’alternative aux gazons (20 à 30 m²)
  • ne pas se laisser envahir par les mauvaises herbes en désherbant manuellement et régulièrement (le désherbage devient un plaisir dans un jardin bien entretenu)

L’immobilier 100% entre Particuliers : Quel entretien nécessite le jardin sec ?

Philippe Raujol : L’entretien consiste à l’arrosage si vous n’avez pas opté pour un goutte à goutte : pour un jardin nouvellement créé, l’arrosage est réalisé immédiatement aprèsla plantation. Enrègle générale, une à deux fois par mois en hiver et une fois toutes les deux semaines en été ; le but est de favoriser un enracinement en profondeur.

Passée la 1ère année, la plante nécessitera moins d’arrosage et celui-ci se fera en fonction de l’état général de la plante (flétrissement).

Le désherbage est important pour un bon effet esthétique, et doit se faire rapidement sous peine d’être envahi par les adventices (qui se ressèment rapidement).

Le reste de l’entretien consiste à renouveler les paillages végétaux (car ils se dégradent), tailler les plantes au bon moment pour une remontée des floraisons. A noter, une taille générale est nécessaire à la fin de l’hiver.

L’immobilier 100% entre Particuliers : Quelle est la meilleure saison pour se lancer dans l’aménagement d’un jardin sec ?

Philippe Raujol : La meilleure saison est l’automne (début septembre à fin octobre) car les sols sont encore chauds et propices à l’enracinement. De plus, les pluies et les températures clémentes vous feront économiser beaucoup d’effort (arrosage, désherbage réduit). L’hiver qui suit est bénéfique : si la plante est en vie ralentie, la croissance se passe sous le sol au niveau racinaire; un bon enracinement permet une bonne résistance ainsi les végétaux sont plus résistants pour affronter l’été suivant et offrir de belles floraisons.

L’immobilier 100% entre Particuliers : Un dernier mot ?

Philippe Raujol : Faire appel à un professionnel (un spécialiste dans ce domaine est préférable) permet d’être guidé dans ses choix, dans celui des végétaux et des matériaux adéquats en fonction de ses goûts personnels. Le paysagiste, grâce à ses connaissances et son expertise du jardin, permet de pérenniser le jardin. La prestation varie en fonction des matériaux et des fournitures engagées (de 100 à 350 euros du m²)

L’entreprise de Philippe Raujol, Zen & Sec est située à Vauvert dans le Gard. Elle accompagne et guide les particuliers dans la réalisation de jardins zen et méditerranéens. 


Date de mise à jour : 12/03/2012


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